Le bilan du rapatriement , moins de trois mois après son début , montre que les "absents"sont désormais des "disparus".Pourtant , la volonté de retrouver les déportés,dont nul n'imagine l'atrocité du destin ,s'installe.La quête s'engage d'abord au plan national.Une ordonnance du 1er juillet 1944 rattache au Commissariat aux prisonniers , déportés et réfugiés, les services de Vichy au sein d'un Secrétariat général.Entre septembre et décembre 1944 , des circulaires réclament aux préfets des listes des personnes arrêtées ou fusillées et des rapports sur les crimes commis par les nazis.
A Paris on reçoit les familles ,un fichier s'organise.Le ministère des prisonniers,déportés et réfugiés enquête jusqu'à relever les graffitis des internés dans les prisons.Pourtant déjà des archives sont perdues ou détruites.En janvier 1945 , un circulaire ordonne un recensement général des absents.Au premier semestre 1945 , la découverte du monde concentrationnaire et la division de l'Allemagne en quatre zones internationalisent la recherche.L'ordonnance du 8 février 1945 crée des missions françaises de rapatriement à l'étranger assistées d'un corps de personnel militarisé.Dès lors, le besoin d'écrire l'histoire de la déportation et l'urgence de retrouver et identifier les corps devient une priorité.La première mission a lieu au camp de BERGEN-BELSEN en mai 1945 .
En France , des familles attendent mêmes si leur espoir s'amenuise.Comment faire le deuil sans corps , sans date et lieu du décès? En effet, la législation française requiert pour établir celui-ci , une date et un lieu ou deux attestations de témoins oculaires .
RETROUVER TRACE DES DISPARUS.
Cette double exigence pousse les missions à ratisser toutes les régions des zones d'occupation afin de retrouver des corps sinon des archives , voire une sépulture .Chaque nation concernée ouvre un bureau et les résultats seront centralisés en un Central Tracing Bureau à Arolsen 'Allemagne"
futur service international de recherches.Grâce aux témoignages des déportés survivants et aux interrogatoires de témoins locaux , les marches de la mort sont reconstituées.Les exhumations incitent à concevoir un système d'identification des corps qu'utilisera ultérieurement l'identité judiciaire.Malgré les résultats , l'acte de disparition , à partir de 1946 sera la règle pour beaucoup de "non reparus au domicile" et majoritairement pour les déportés raciaux dont 3% seulement reviendront .En 1947 , un décret fixe la fin des opérations de rapatriement tout en précisant que le ministère des anciens combattants et victimes de guerre conservera le personnel nécessaire pour assurer "le rassemblement de la documentation concernant les décès , la recherche,l'identification , le groupement provisoire de corps ...."
Au début des années 1950 ,des archives arrivent dans les locaux de ce qui est maintenant le bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC) .En 1952 , une partie des fonds est remise aux Archives Nationales .En 1981 , la recherche des" non-rentrés" reste une des missions de l'Ex bureau état civil , recherches et successions.Aujourd'hui , le sujet reste sensible et les enfants de déportés qui consultent le dossier de leur parent disparu s'interrogent encore 'était-il vraiment mort ?'